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jeudi 29 novembre 2012

VIRGILE - "Publius Virgilius Maro. Bucolica, Georgica, et aeneis." - Parissiis( Paris) - Excudebam Petrus Didot (Pierre Didot), Natu Major, Anno reip. VI (1798) - Edition stéréotype









VIRGILE

"Publius Virgilius Maro. Bucolica, Georgica, et aeneis."

Parissiis( Paris) - Excudebam Petrus Didot (Pierre Didot), Natu Major, Anno reip. VI (1798) - Édition stéréotype

Un volume in 12° de XXVIII +390 pages + 1 carte dépliante in fine - Présence de très jolis bandeaux, vignettes et culs de lampes - Présence d'un signet - Reliure plein veau de l'époque (épidermures et un trou de vers au premier plat, 2 coins émoussés, mors légèrement frottés, coiffe en queue légèrement abîmée) - Plats ornés de fines roulettes - Dos orné avec une pièce nominative de l'auteur en maroquin rouge, mention "édition stéréotype" frappée or, marques de pliures - Tranches dorées - Intérieur très frais.

Rappelons ce qu'il faut entendre par "édition stéréotype" :

Le stéréotype ou cliché en imprimerie est une « forme en relief obtenue par moulage pour effectuer des impressions » (source Wikipedia). La stéréotypie (ou clichage) est donc un procédé d’imprimerie qui évite une composition lettres à lettres des pages au moyen de caractères d’imprimerie. Ici il s’agit de « créer, d’après une composition unique formée par l’assemblage des caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et identiques » (Petit manuel de l’amateur de livres par Albert Cim, ref. ci-dessous).
Et Albert Cim de préciser : « Mais  clichage [au début du 20e siècle. ndlr] est l’expression moderne, actuellement en usage, et désignant l’opération dont nous venons de parler qui débute par la prise des empreintes au moyen de flans. La stéréotypie (du grec : « solide » et  « type ») s’applique plus particulièrement au procédé imaginé [amélioré et industrialié, ndlr], à la fin du 18e siècle, et presque simultanément, par l’imprimeur et fondeur Herhan (1768-1855) et par les frères Didot, procédé qui arrive au même résultat par des voies opposées ».
Un brevet est déposé par Louis-Etienne Herhan en décembre 1797 (nivôse An 6) puis quelques jours après par les frères Didot qui utilisaient un procédé différent et avec lesquels il s’associa ainsi qu’avec le libraire Renouard. Herhan se retire de cette association en novembre 1799. A partir de 1801 il sort des ouvrages de son atelier soit des Frères Mame à Tours. Le procédé d’Herhan a été vite abandonné, étant trop cher, ce qui n’a pas empêché Herhan de continuer ses recherches. Didot supplanta très rapidement Herhan. De 4 titres en 1798 on compte 332 volumes 20 ans plus tard.
Les premiers essais sont dus à l’Ecossais William Ged (1699-1749), inventeur de la stéréotypie en 1725, qui composa trois ouvrages avec ce procédé : des œuvres de Salluste (Edimbourgh, 1739)  et deux livres de prière. Une invention qui a suscité l’hostilité des imprimeurs de l’époque et un abandon rapide du procédé.  La même chose est arrivée en France quand Joseph Hoffman en 1784 et son fils développèrent ce qu’ils ont appelé le procédé polytipe. Un « nouvel art » qui n’a pas plu à tout le monde (les imprimeurs notamment) et qui sous le coup d’un prétexte fumeux (« presque toujours imprimé avec des caractères mobiles » avec une louche de libelles) porte un arrêt à l’imprimerie. Ci-dessous l’arrêt du Conseil d’Etat du Roi, du 7 novembre 1787 portant suppression de l’Imprimerie polytipe.
A la même période Joseph Carez, imprimeur, perfectionnait le clichage et donnait plusieurs éditions qu’il appelait « omotypes ». Son premier ouvrage est un livre d’église avec notes paru en 1786.
Ce procédé s’est mis en place assez tardivement et avec réticence mais il a connu un succès extraordinaire au 19e siècle. Un tirage avec un cliché au début du 19e siècle permettait d’imprimer plus de 100 000 exemplaires alors qu’avec une composition traditionnelle pas plus de 4 000 à 5 000 exemplaires (à ce sujet voir l’article « De l’avantage des caractères mobiles sur le clichage au 19e siècle« . Perfectionnée avec la galvanotypie (utilisation de l’électrolyse), la stéréotypie a perduré jusqu’aux années 1900. « Le nom est passé dans le langage courant pour désigner une copie fidèle et répétitive » (Encyclopaedia Universalis).
 Sources :
CIM Albert. Petit manuel de l’amateur de livres. Paris : E. Flammarion, 1923. 255 p.[en ligne]
DELON C. Stéréotypie. In Histoire d’un livre. Paris : Hachette, 1884 [en ligne]
RAY É. L. Marinoni : le fondateur de la presse moderne, 1823-1904. Paris : Editions L’Harmattan, 2009. 568 p.

Rare ouvrage en édition stéréotype complet de sa carte dépliante in fine.

VENDU

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